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L'Assemblée de Polynésie française demande pardon à la population pour les tests nucléaires
information fournie par AFP 08/07/2026 à 14:06

Une explosion nucléaire sur l'atoll de Mururoa en 1971 en Polynésie française ( HANDOUT / - )

Une explosion nucléaire sur l'atoll de Mururoa en 1971 en Polynésie française ( HANDOUT / - )

Les élus de l'Assemblée de Polynésie française ont adopté lundi une proposition de délibération demandant officiellement pardon à la population de cette collectivité du Pacifique pour avoir cédé, en 1964, les atolls de Moruroa et de Fangataufa, sites d'essais nucléaires.

Soixante ans quasiment jour pour jour après le premier essai nucléaire réalisé en Polynésie française, les représentants de l'Assemblée locale ont demandé "solennellement pardon" au peuple polynésien dans une délibération.

Le 6 février 1964, la commission permanente de l'Assemblée territoriale de l'époque avait acté la cession des atolls de Moruroa et de Fangataufa à la France pour qu'elle y établisse le Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP).

Une cession qui s'est faite, selon le texte, "sous la contrainte d'une alternative inacceptable" : l'instauration d'un "territoire stratégique miliaire" en Polynésie par le général de Gaulle.

Elle n'était donc "pas le fruit d'un consentement libre, éclairé et souverain du peuple polynésien, mais d'une capitulation contrainte de ses représentants devant la puissance coercitive de l'Etat central".

"Certains (des élus de l'époque) étaient au courant qu'ils avaient au-dessus de la tête quelque chose qui risquait de remettre en cause le futur de ce pays de manière inacceptable. Ils ont jugé à leur époque d'accepter. Si cette époque était aujourd’hui, comment on se comporterait ?", s'est interrogé, lors de la séance, le président indépendantiste de l'Assemblée Antony Géros.

"Nos pères n'ont pas choisi le CEP. Ils ont cédé face au chantage de l'Etat. Ce texte est un acte de salubrité morale. Ce pardon, nous le devons aux milliers de Polynésiens frappés en silence par les maladies radio-induites", a ajouté la représentante non-inscrite Teave Boudouani-Chaumette.

La délibération a été adoptée par 44 voix pour. Les élus du groupe indépendantiste dissident A Fano Ti’a ont voté contre ou se sont abstenus après le rejet d'un de leurs amendements.

Leur président, Tematai Le Gayic, souhaitait intégrer au texte la notion de "responsabilité pleine et entière de l'Etat français, seul décisionnaire, seul financier et seul exécutant du programme d'expérimentation nucléaire". Mais aussi "seul débiteur (…) d'une réparation intégrale envers le peuple polynésien".

Evoquant le dépôt d'une plainte pour "crime contre l'humanité" à l'encontre de l'Etat, Antony Géros a annoncé qu'une résolution sera examinée plus tard lors d'une séance extraordinaire dédiée. Il s'est cependant dit "très dubitatif sur la possibilité de pouvoir obtenir de l'Etat la vraie réparation, une réparation intégrale".

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